Propos Liminaires de Jean Dionis du Séjour – Séance Plénière du 18 décembre 2017

Intervention sur la stratégie aéroportuaire régionale
octobre 23, 2017
Intervention de Jean Dionis du Séjour – Suivi du rapport de la Chambre Régionale des Comptes
décembre 18, 2017

Propos Liminaires de Jean Dionis du Séjour – Séance Plénière du 18 décembre 2017

©PHOTOPQR/SUD OUEST ; LE 19 DECEMBRE 2016 / A BORDEAUX / AU CONSEIL REGIONAL / SEANCE PLENIERE DE LA NOUVELLE AQUITAINE / AVEC LE NOUVEAU LOGO DE LA NOUVELLE REGION / JEAN DIONIS DU SEJOUR

Propos Liminaires de Jean Dionis du Séjour – Groupe Union des Démocrates et Indépendants

Monsieur le Président, chers collègues,

A quelques jours près, nous fêtons notre deuxième anniversaire en tant que conseillères et conseillers régionaux de la région Nouvelle-Aquitaine. Après deux ans d’exercice de notre mandat 2015-2021, il est temps d’établir un premier bilan de cette mandature. Nous vous laissons en tant que Président l’initiative et la responsabilité d’établir ce bilan. Mais nous voulons mes chers collègues approfondir la réflexion que nous avons édifiée lors de notre dernière séance plénière et vous présenter notre évaluation de ce bilan sous un angle de vue spécifique à savoir celui du fonctionnement démocratique de notre assemblée régionale car nous sommes convaincus qu’il y a là un potentiel de progrès considérable.

Nous rentrons dans un cycle vertueux au niveau démocratique, et au contraire un risque majeur pour la région si nous nous enfonçons la dérive technocratique qui la menace aujourd’hui. Le bilan que le groupe UDI vous propose ne sera pas manichéen. Un certain nombre d’acquis fondamentaux ont été respectés et le groupe UDI tient à vous en donner le crédit. Tout d’abord, vous avez confié à l’opposition et plus précisément à notre collègue Olivier Chartier la présidence de la commission des finances alors que rien ne vous y obligeait suite à votre victoire aux dernières élections régionales. De même, nous ne pouvons que également que souligner positivement le dialogue fort que vous entretenez avec les corps intermédiaires (entreprises, syndicats, chambres consulaires, syndicats, mouvements associatifs,…). Le groupe UDI en prend acte et le met à votre crédit. Le bon déroulement des réunions des différents groupes inter-assemblées en est l’une des preuves. Votre ouverture permet également à notre assemblée de débattre dans une bonne ambiance générale ce qui n’est pas le cas dans toutes les autres régions. Enfin, l’ouverture dont vous faites preuve ainsi que l’exécutif régionale, la hiérarchie administrative ainsi que le groupe majoritaire permet également à notre assemblée de débattre dans une bonne ambiance générale sans trop de sectarisme ce qui n’est pas le cas dans toutes les autres régions. Voilà pour le côté politique de notre évaluation. Voilà pour le côté « lumière ».

En effet, il existe un volet « ombre » de ce bilan. Disons-le franchement: la culture d’amendement de la région sous votre mandat est nulle. La grande majorité des textes proposés par l’administration et soutenus par l’exécutif ont été adoptés sans modifications. Nous sommes parfaitement conscients et nous reconnaissons pleinement que le suffrage universel a installé une majorité dans cette assemblée, que celle-ci a mis en place un exécutif, il est donc logique que la majorité de nos amendements ne soient pas acceptés mais si l’on suit cette logique jusqu’au bout, c’est à dire à faire disparaître le droit imprescriptible des conseillers régionaux d’amender vos propositions, celles de votre exécutif, celles de votre administration c’est transformer de fait mes conditions du conseil régional, et de l’assemblée plénière en chambre d’enregistrement.

Je m’adresse ici non seulement à vous mais aussi à mes collègues qui sont présidents de groupes dans cette assemblée. Nous ne pouvons pas laisser dériver l’institution régionale vers un pouvoir qui se réduirait à ses composantes administratives et technocratiques. Et cette remarque interpelle d’ailleurs cher Stéphane le fonctionnement du groupe majoritaire. Au bout de deux dans, le groupe UDI vous alerte et vous renvoie une vraie lassitude démocratique de la part de ses membres. Pourquoi se fatiguer à venir en commissions, et faire pour certains d’entre nous six heures voire sept heures de route pour participer à une commission où finalement rien ne se décide. Où finalement aucun avis formel n’est donné. Pourquoi même venir en séance plénière si au final la séance plénière n’est plus qu’une séance d’enregistrement de décisions prises à l’avance par l’administration et l’exécutif. Le groupe UDI vous appelle donc à ouvrir le chantier de la démocratie dans la région Nouvelle-Aquitaine. C’est un chantier immense, la nouvelle région est perçue comme étant technocratique, lointaine et inaccessible. Le chantier démocratique est central pour que notre jeune institution trouve une certaine confiance et une certaine légitimité auprès des néo-aquitains. Et le chantier démocratique doit commencer par la vie démocratique de l’assemblée plénière et de ses commissions. Chaque groupe de la majorité comme de l’opposition est porteur d’une partie de l’intérêt général et les amendements déposés peuvent constituer des propositions d’intérêt général que vous devez pouvoir accepter monsieur le Président. Je suis sûr que vous-même, votre exécutif et votre groupe majoritaire saura avoir le discernement nécessaire pour s’opposer aux amendements de positionnement politique et intégrer ceux qui améliorent vos propositions, corrigent un certain nombre de faiblesses de celles-ci. Encore faut-il que vous reconnaissiez vos oppositions comme de capteurs de dysfonctionnement de vos propre administration et qu’en face de chaque amendement vous ayez l’humilité intellectuelle de vous poser cette question simple: « et s’ils avaient raison? ». Le débat budgétaire que nous allons avoir aujourd’hui saura être comme un révélateur d’un nouvel état d’esprit que j’espère voir s’installer dans l’hémicycle. A titre d’exemple, nous avons déposé deux amendements qui nous semblent d’intérêt général: tout le monde reconnait maintenant que la défense des centres-villes est une grande cause nationale. Le premier ministre n’a pas dit autre chose à Cahors vendredi dernier. Nous avons déposé un amendement tendant à renforcer les crédits mobilisés par la région à cet effet. Et si nous avions raison? En comparant le budget de la Nouvelle-Aquitaine à celui des autres régions de France, nous avons repéré que nous étions excessivement ferroviaire. Nous avons proposé un amendement de rééquilibrage raisonnable en faveur de la route et de l’aérien. Et si nous avions raison? Rendez-vous cet après-midi! Espérons qu’un vent nouveau soufflera dans cet hémicycle. A l’approche des fêtes, le groupe UDI veut être optimiste. Stéphane Delpeyrat-Vincent a conduit une réunion de tous les présidents de groupes le jeudi 14 décembre. Il l’a fait de manière très cordiale. Nous avons eu ensemble une bonne discussion collective sur la proposition de modification de règlement intérieur déposée par le groupe UDI. Nous avons conclu sur un accord pour faire ensemble le premier pas. Les amendements déposés par les groupes seront après l’adoption de la modification du RI correspondante, seront débattus en commission et le Président de chaque commission fera procéder à un vote de manière à ce que vous-même et l’assemblée plénière dispose d’un avis clair lorsqu’elle aura à se prononcer sur cet amendement. Nous aurions aimé aller plus loin mais c’est un premier pas. Et si elle est mise en oeuvre rapidement nous saurons vous en remercier. Sinon, le groupe UDI n’arrêtera pas d’enfoncer le clou de la démocratie car il y a là un enjeu central pour l’avenir de l’institution. Nous sommes d’accord, rien n’est facile mais nous ne laisserons pas cette institution dériver vers un pouvoir de plus en plus autoritaire et technocratique. Elle mérite mieux, je sais d’ailleurs que ces les convictions démocratiques sont partagées y compris par vous-mêmes et par la grande majorité de l’assemblée régionale. En ce qui nous concerne, elles sont clairement dans notre ADN de centristes et c’est pour cela que nous en ferons un chantier prioritaire pour les quatre ans à venir.